Les pieds
Pas de pied, pas de cheval.

« Le sabot, grâce à sa relative élasticité, joue un rôle majeur dans l'amortissement des chocs. Lors de l'appui, le poids enfonce la seconde phalange et l'os naviculaire à l'intérieur du sabot et tend à écraser le coussinet plantaire contre la fourchette. Celui-ci exerce, par l'intermédiaire des cartilages latéraux, une pression sur les parois latérales du sabot qui s'écartent vers l'arrière de quelques millimètres. Si la fourchette ne participe pas à l'appui (encastelure), ce rôle d'amortissement ne peut pas avoir lieu, ce qui engendre à la longue des boiteries. »

Dans les pays chauds et secs, les chevaux ont les pieds hauts et serrés. Ils ont besoin d'être humidifiés avant d'être graissés. Par contre, dans les pays humides, les chevaux ont les pieds bas et plats. Leurs sabots ont dès lors besoin d'être enduits de goudron de Norvège afin de les durcir. Quel que soit les extrêmes aucun n'est bon.
Un bon pied est celui qui a une dimension adaptée à la taille du cheval.

Les pieds des antérieurs doivent avoir une forme arrondie et un angle de 45° d'inclinaison en pince. La hauteur du talon ayant un rapport d' 1/3 à 1/2 par rapport à celle de la pince. Cela permet ainsi à la troisième phalange de travailler horizontalement et parallèlement au sol.
Les pieds doivent être bien dégagés par l'intérieur et les talons bien ouverts pour qu'ils puissent travailler le mieux possible. Les deux parois latérales doivent être à la même hauteur et la pince ainsi que la fourchette dans l'alignement du boulet. La fourchette doit être assez haute et épaisse. Elle se positionne légèrement en appui sur le sol afin de jouer son rôle d'amortisseur.

Quelques exceptions sont accordées pour les chevaux qui sont atteints du syndrome naviculaire. Ils doivent être ferrés avec les talons assez hauts pour basculer l'appui sur le devant de la phalange. Ce processus permet d'éviter que l'os naviculaire soit trop écrasé. Par contre, il faut que les deux sabots antérieurs soient égaux.

Les pieds des postérieurs doivent avoir une forme plus ovale, vu que le centre de gravité du cheval au naturel est plus sur l'avant que sur l'arrière. De par ce fait, les sabots sont plus concaves. Quant à la fourchette son rôle reste le même, celui d'amortisseur.

Pour voir la conformation des aplombs, mettez-vous accroupi à une dizaine de mètres, faites marcher le cheval au pas par une aide sur une ligne droite sans qu'il se retienne et sans qu'il précipite. Faites faire un aller et un retour au cheval. Les membres latéraux doivent être dans le même alignement. Toute marche irrégulière, comme tout mauvais aplomb entraînera des difficultés sur les articulations plus tard. Ainsi que toute dissymétrie impliquera une irrégularité dans la musculation de votre cheval.

Avec l'évolution actuelle, des recherches ont constaté que le ferrage a ses inconvénients (trop de coups de marteaux donné dans la précipitation, échauffement de la sole, pieds trop serrés et j'en passe...). Tout ferrage devrait se faire à froid ce qui n'est pas le cas par manque de professionnalisme et pour cause de business et ce au détriment du cheval.

Le parage des pieds d'un cheval qui n'est pas ferré n'est pas le même que pour celui qui est ferré. Les pieds doivent être laissé plus longs car ils n'ont pas la protection du fer.
Le fait qu'un cheval forge n'est pas dû à un problème de ferrage mais plutôt un problème de locomotion, c'est un manque de régularité dans ses mouvements qui en est la cause.
Toute mauvaise conformation doit être corrigée au plus vite sans oublier d'en rechercher la cause.
Par exemple, un cheval qui a un éparvin va user plus la paroi latérale externe. Celui qui est affecté du syndrome du naviculaire aura le pied le plus atteint qui grandira plus haut et plus serré.

 

 
© Sergio de Sousa Ricardo